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LE SYNDROME DU PAPILLON de Maxence Fermine

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LE SYNDROME DU PAPILLON de Maxence Fermine

Message par sophix42 le Mar 13 Déc 2016 - 8:39




Résumé

Hugo Mars, 17 ans, n'est pas un adolescent comme les autres. Atteint d'un mal étrange, le syndrome du papillon – il est incapable de faire des choix –, il est interné en hôpital psychiatrique après avoir voulu sauter d'une fenêtre du lycée.
Mais la vie est parfois surprenante. Car c'est justement dans cet établissement pourtant réputé difficile qu'il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille aux cheveux roux et aux yeux verts perçants, gothique et lunaire, qui ne s'intéresse qu'aux génies.
Hugo tombe aussitôt sous son charme et, grâce à sa compagnie, reprend peu à peu goût à la vie.
Mais un jour la jeune fille quitte l'hôpital sans laisser d'adresse, et Hugo décide de la retrouver coûte que coûte. S'ensuit alors une folle odyssée dans Paris, à la recherche de cette fleur sauvage qui a su apprivoiser son cœur.


252 pages
13 Octobre 2016
16,95 (broché)
Michel Lafon
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Re: LE SYNDROME DU PAPILLON de Maxence Fermine

Message par Walkyrie le Mar 13 Déc 2016 - 21:14

Un roman Ovni dans les écrits de Maxence Fermine qui nous a davantage habitué à des textes poétiques et oniriques, des petits romans souvent emplis de douceur et d’une forme de mélancolie. Le syndrome du papillon n’a rien à voir ! L’auteur s’essaye à la tendance young adult, la métamorphose est impressionnante, on ne reconnaît plus du tout son style. Si la lecture est agréable et rapide, le roman reste simple et sans prétention tout en traitant de sujets intéressants : les pathologies psychologiques et psychiatriques ; dépression, Asperger, syndrome du papillon, mais aussi de l’adolescent qui se retrouve souvent à vivre des bouleversements qui ne ménagent pas son état psychologique et le mal être qui va avec.

A Graceland, hôpital psychiatrique, Hugo est interné depuis qu’il a eu la singulière idée de tenter de s’échapper d’une salle de cours par la fenêtre du 3ème étage. S’il n’a pas sauté et n’avait a priori pas l’intention de le faire, il est suivi pour un état dépressif sévère et peut-être aussi pour un autre mal psychologique. Hugo est différent et porte un regard incisif sur la jeunesse, la société et l’avenir. Puis un jour, il rencontre Morgane, une jeune fille pas comme les autres qui voue un culte aux génies.

Le roman raconte donc l’histoire du jeune Hugo, comment il en est arrivé là, interné à Graceland, à comment il va réussir à évoluer et peut-être même à entamer un nouveau chemin vers un avenir meilleur.  Hugo, c’est un jeune homme de 17 ans, avec une vision un peu stéréotypé de ce qu’est la société aujourd’hui, surtout la jeunesse, un reflet du propre regard de l’auteur ? Tout est qu’Hugo est franc, cash, il ne se formalise pas des choses, les dit sans aucune douceur, sans manière, sans chichi, avec lui c’est tout blanc ou tout noir, pas de juste milieu, Hugo peine juste à se décider pour prendre des décisions le concernant et c’est là qu’est tout son problème. Un regard enfantin sur la vie, un refus d’envisager un avenir adulte avec des responsabilités, Hugo vit dans son monde ; rêve d’une cabane au cœur montagnes enneigées, d’une île déserte avec des romans à lire et de ne travailler que lorsqu’il en a besoin, une vie de bohème en quelque sorte. Le personnage est un peu trop accentué sur son côté adolescent râleur et pessimiste qui porte un regard navré sur le monde qui l’entoure, il n’a pas tort dans certains cas, mais dans d’autres c’est peut-un peu trop fataliste.

« (…) comme le poème de Rimbaud, celui qui parle de ce soldat allongé dans l’herbe, on croirait qu’il dort mais non, en fait il a deux trous rouges au côté droit. Cette lecture c’est quelque chose qui m’a marqué à vie. Sur le coup, je me suis cru mort moi aussi, et ça m’a fichu en l’air. »(une référence à mon poème préféré « Le Dormeur du Val », forcément ça m’a parlée !)

Morgane est un personnage sublime, une jolie rousse au regard émeraude, des tatouages sur les bras, elle aussi vit dans son univers. Passant des heures allongées sur ce banc à regarder les étoiles de jour en écoutant un grand artiste classique. Atteinte d’un mal psychologique particulier, elle ne vit et ne discute quasiment que « génie » atteint aussi pas ce syndrome, des célébrités, des musiciens, des scientifiques, elle en raffole ! C’est aussi une violoniste de talent, une fille de bonne famille au langage soutenu, un esprit vif qui va à l’essentiel, le personnage est haut en couleur, ce qui va littéralement éblouir Hugo et l’ouvrir davantage à son environnement.

« Elle m’en bouchait un coin, la petite fée Morgane, avec ses déclarations péremptoires mais pertinentes. »

Certes, il y a une relation qui s’établit entre ces deux post-adolescents fragilisés, abîmés par la vie, par leur histoire ou leur maladie, mais ce n’est pas tant la romance qui importe mais plutôt la fusion qui les lie, ce coup de foudre mutuel.

« II s‘agissait pas d‘un amour éphémère et illusoire, d‘une passade platonique, ou d‘une amourette de cour d‘école. C’était autre chose. On entrait dans une autre dimension. »

Ils sont différents, de deux univers bien distincts tant dans leur tête que socialement, et pourtant chaque rencontre, chaque échange, il se passe quelque chose, un déclic peut-être pour Hugo, pour Morgane c’est assez différent.

« Dans la vie, où tout n’est qu’une question de relations humaines, il y a des rencontres qui en valent la peine. Une seule peut suffire à vous rendre heureux. »

Tous les deux semblent le reflet d’une jeunesse abîmée, écorchée vive, qui doute de son avenir et ne sait plus où elle va, embringuée dans une folie ou dans un mal être qui les détruit et les détourne de la réalité de la vie. Cet aspect est intéressant, du moins si c’est ce que l’auteur a cherché à raconter aussi.

Et puis, il y a l’aspect psychiatrie, les maladies, la vie de malade, l’internement, une description de ces lieux d’accueil où les personnes qui portent des degrés de la maladie assez différente se retrouve ensemble à cohabiter, c’est assez triste. On porte souvent un regard particulier sur ce genre d’endroit, un hôpital psychiatrique, ça fait peur, là finalement la seule lumière, c’est ce rendez – vous sur ce banc, sous cet arbre, où naissent de drôle de conversations.

« Là, t’étais sûr de croiser des malades sortis tout droit des catacombes, avec des tronches de déterrés pour bien te filer la pétoche. Le royaume des zombies. On aurait dit qu’on y organisait chaque jour le plus grand rassemblement de cinglés de toute la planète. »



J’ai aussi beaucoup aimé les clins d’oeil de l’auteur à des références culturelles actuelles ou non qui parleront à ces adolescents entachés (Rimbaud, Tim Burton, etc…), l’auteur cherche à se rapprocher de cette génération complexe et difficile à cerner et à retranscrire surtout. Si le personnage de Morgane le fait plutôt bien, celui d’Hugo est malheureusement un peu trop extrême pour paraître vraiment réaliste.

« Tim Burton ? T’es sûre ?
– Oui. Du moins si on en croit son ex-femme, Helena Bonham Carter. Elle a confié à un journaliste qu’elle était quasi certaine qu’il présentait tous les symptômes de l’Asperger ; cependant il n’a jamais voulu voir un médecin pour faire le test. Il possède un tel univers, à la fois magique, funèbre, très violent, mais aussi parfois d’une douceur incroyable, que c’en est probablement an. Ce mec-là est un génie ! »

Un roman qui dénote dans la bibliographie de l’auteur, je serai vraiment curieuse de comprendre ce choix. Si ma préférence va à ses écrits plus intimes, il ne s’en sort pas si mal dans ce livre. Il réussit à métamorphoser son style et sa plume, ici c’est plus familier, beaucoup moins lyrique, avec toutefois un vocabulaire spécifique qui rend ce roman un peu plus fort. Il y aussi une richesse de réflexions propres à l’auteur, il n’y a qu’à lire les citations, l’amour reste et demeure à sa place dans le cœur de Maxence Fermine et c’est dans ces moments là que j’ai entraperçu l’ombre de l’auteur que j’adore.

« Quand vous savez qu’un bon livre vous attend quelque part, la vie vaut la peine d’être vécue. »

Personnellement, je l’ai dévoré et j’ai passé un très bon moment.

Je remercie les éditions Michel Lafon et plus particulièrement Camille pour cet envoi.
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Walkyrie
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